QUELQUES TEXTES DE DIMITRIS KAZAKIS


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Au sujet de l’interview que Varoufakis a donné à la BBC  au lendemain des élections D Kazakis écrivait (27-1)

« G  Varoufakis , hier, à la BBc a complètement adhéré à une des versions les plus racistes et infâmes de la propagande de Merkel et autres envers les Grecs : Plus précisément il a soutenu que les citoyens d’Europe ont été amenés à contracter un prêt d’un montant de 240 milliards d’euros auprès du MESF pour que les grecs soient sauvés ……. »

Or ceci est faux et voici pourquoi :

« Premièrement : Varoufakis ment sciemment. Les 240 milliards ne sont ni à la charge des allemands ni des autres européens Le prêt  interétatique via le MESF concernant la Grèce est de 55 milliards environ. Il s’agit du montant emprunté directement par les 16 états de la zone euros  lors du premier Memorandum. Il a été emprunté à des taux d’intérêt inférieurs à ceux auxquels il a été prêté à la Grèce

Deuxièmement :les 185 milliards restant proviennent du FESF qui les a empruntés aux marchés financiers en publiant ses propres titres de dette Il ne s’agit pas de dette interétatique et du coup elle ne pèse nullement sur les citoyens d’aucun état européen

Troisièmement Lors du premier Mémorandum ; on a dû recourir à l’emprunt inter étatique car d’après le Traité de Lisbonne  la Commission et la BCE n’étaient pas autorisées à se mêler à la gestion financière d’un état membre : Néanmoins les banques allemandes ; néerlandaises et françaises possédaient un gros volume d obligations  grecques . Bruxelles et Berlin ont voulu les sauver au détriment de la Grèce Et comme cela ne pouvait pas se faire officiellement puisqu’il était incompatible avec la législation communautaire ; ils s  sont pris autrement : ils ont mis sur le dos de la Grèce des emprunts inter étatiques avec la première convention de prêt à caractère colonial

Quatrièmement : d’où est-ce qu’on peut déduire que les allemands ou les autres européens payent pour les grecs ? Varoufakis ignore peut-être que si l’Allemagne a prêté à la Grèce 15,2 milliards dans le cadre du programme de « sauvetage » elle a gagné au moins 75 milliards rien que par la différence des taux d’emprunt. Est-ce que l’Allemagne pourrait profiter de taux d’emprunts si bas si la Grèce et le sud européen n’étaient pas dans cet état lamentable ? »

 

Moins d’une semaine après les élections grecques, Juncker et Katainen déclaraient que le résultat électoral n’aurait aucun impact sur la politique et les décisions de l’UE, et qu on attendait  du nouveau gouvernement qu’il s’engage à respecter les accords déjà existants entre la Grèce et les créanciers

D Kazakis écrivait  :(1-2)

« Alors, la clé de voûte des négociations n’est pas la Troϊκa comme Varoufakis veut nous faire croire mais les engagements issus des conventions de prêt et des mémorandums . Pour nos créanciers européens ces conventions sont tout à fait légales et par conséquent ils demandent que la Grèce les respecte. En vérité, elles ont aboli toute notion de justice aussi bien sur le plan constitutionnel que sur celui des droits humains, sociaux, et civiques du peuple grec. Il s’agit d’une transgression patente de l’ordre constitutionnel du pays, du droit public et humanitaire international mais aussi du droit primaire de l’Union Européenne elle-même ……

Et que répond  à tout ça le gouvernement grec ? :  « Mon devoir de respecter le mandat que le peuple grec m’a confié concernant la fin de l austérité et l’agenda développementale ne comporte en aucun cas le non respect des échéances  de la dette à l’égard de la BCE et du FMI . ….. on n’a jamais eu l’intention d’agir de manière unilatérale au sujet de la dette grecque……… aucun des deux côtés ne cherche le conflit …. nous avons besoin de temps pour respirer et pour créer notre propre programme de reprise à moyen-terme, programme qui incorporera – entre-autres – les objectifs d équilibre budgétaire primaire  et de réformes radicales pour aborder les problèmes de l’évasion fiscale, de la corruption et des politiques clientélistes »(Tsipras bloomberg).

Suite à ses déclarations ; Tsipras se présente nu devant les préteurs. Il a même abandonné cette maigre demande de la période préélectorale de radiation de la majeure partie de la dette avec consentement : Il ne fait que supplier pour la non continuation de l’austérité. En même temps il admet la nécessité d’un nouveau mémorandum qu’il appelle « programme de relance à moyen terme »Au cours des années précédentes trois programmes à moyen terme portant exactement le même nom ont été votés, imposés par les prêteurs. On se demande certes comment l austérité peut être évitée quand Tsipras adhère à la logique de l’équilibre primaire budgétaire qui dans le contexte de régression actuel ne peut qu impliquer des réductions horizontales en continu ; Par ailleurs les reformes radicales il les entend exclusivement en rapport avec la fraude fiscale ; la corruption, et le clientélisme : Même pas un mot pour la nécessité d’une redistribution des revenus et des richesses au profit des couches populaires. Les plus démunis n’ont droit qu à des repas gratuits et à l’aumône

……………………………Mais comment le gouvernement pense-t-il faire face à la fraude fiscale, la corruption et le clientélisme ? On se serait attendu qu’il annonce son intention qu’ une investigation rapide de la comptabilité budgétaire publique soit menée par le Parquet pour que les vraies dimensions de l’abus de l’argent public soit mises en évidence et que les responsabilités pénales soient attribuées etc Et ceci de manière tout à fait transparente qui ne laisserait pas le moindre doute.

On ne voit pas comment le nouveau gouvernement peut –il prendre le relais à des ministères qui ont subi un tel pillage sans ordonner un apurement comptable. Comment se peut-il que les conventions privées de l’Etat ne soient pas révisées. Sans cela comment peut on aspirer combattre la corruption ? Il n’en est rien. Le gouvernement ne semble pas avoir l’intention d’aller dans ce sens. A la place il se lance à la recherche de conseillers et de conseillers-annexes. Il s’agit des mêmes qui avaient assisté les précédents à camoufler le pillage de l’argent public. Citons l’exemple de Lazard embauchée à nouveau par Varoufakis et le ministère des finances . Et alors que syriza avait à plusieurs reprises dénoncé l’implication de Lazard à toute sorte de scandale en rapport avec la cession de la fortune publique.

En vérité l’embauche de compagnies de ce genre n’a qu’un seul but : moyenner le rachat d’un gouvernement par les marchés et leurs principaux prédateurs. Assurer qu’aucune restructuration de dette ne se fera au détriment des marchés, au profit des peuples. Telle était la mission de Lazard sous Papandreou et Papakonstantinou. Et elle est la même aujourd’hui

Ainsi Lazard au lieu de relever de la Justice grecque pour son implication à la tragédie nationale elle a été embauchée encore une fois pour continuer à jouer le même rôle ».

 

Lors de la deuxième semaine du nouveau gouvernement au pouvoir, à la une de l’actualité se trouvent les déclarations de M Draghi suivant lesquelles la BCE n’accepterait plus les obligations grecques à moins qu’il y ait un accord avec les créanciers Le 8-2 D Kazakis écrivait

« La pression que la BCE met sur le nouveau gouvernement grec s’intensifie.. Or , les choses sont simples en vérité. Tant que le système bancaire du pays dépend de la BCE on restera des otages des créanciers. ….

Si le gouvernement grec souhaite bien négocier , alors il doit répondre aux menaces par des actes ayant une véritable signification politique :

Procéder immédiatement à

1 apurement publique des effectifs des banques systémiques ….

2 Nationalisation de la Banque Nationale avec suppression des lois fondatrices de 1927 à caractère colonisateur

3 préparer l’économie du pays pour une sortie immédiate du système de l’euro »

 

La veille de l’Eurogroupe du 16-2, l’ambiance est lourde, on appréhende….

D Kazakis écrivait
« Les créanciers exigent que le côté grec s’engage nettement non seulement en ce qui concerne le service des dettes mais aussi les termes des conventions Cela signifie qu’aucune remise en cause des conventions de dette ne sera tolérée En premier lieu il s’agit de la renonciation irrévocable et inconditionnelle des citoyens grecs à l’immunité de leurs biens actuels ou futurs de même qu à la souveraineté nationale ; il s’agit aussi du recours aux tribunaux de Luxembourg et au droit anglais

Deuxièmement les créanciers exigent que tout ce qui se décide en Grèce sur le plan des finances publiques ou des reformes ait leur accord. Tout ceci a été accepté par l’équipe de Tsipras. Pour eux l’enjeux n’est que technique, communicationnel : Les lignes rouges à ne pas franchir que pose le côté grec s’épuisent à la non utilisation des termes troika et mémorandum.

Par ailleurs, le côté grec s’est engagé de conserver sans dévier le budget existant signé par samaras et chardouvelis mais rédigé conformément aux instructions de la Commission. »
L’actualité politique étant dominée par la séance de l’Eurogroupe  et rythmée par la cadence des négociations  Dans ce contexte, Kazakis écrivait(16-2) :

« Dans ses négociations, le nouveau gouvernement part du principe que la dette en question est légale et de ce fait la question qui se pose est comment elle peut être payée. Or, d’où est-ce qu’on peut déduire que la dette est légale ?…………………..

Durant la période 2010-2013 le nouvel emprunt de l’état grec est de 373 milliards environ. Le montant de la nouvelle dette a été utilisé pour payer l’ancienne dette (282 milliards) couvrir des déficits (40 milliards) subventionner les banques (51 milliards)

En Grèce tout droit humain, social et civique a été aboli principalement en raison de la convention de dette. En même temps l’économie s’est retractée d’au moins 25% au cours de la période du mémorandum.

De quel droit alors le gouvernement grec ne reconnaît pas la radiation de la dette comme un acte de souveraineté nationale et populaire comme il est prévu par le droit international ; Pourquoi le gouvernement neglige-t-il d’emblé un tel acte et se contente de négocier comment la dette sera servie ? »

 

Le président de l’Eurogroupe menace d’arrêter toute discussion avec le côté grec à moins que celui-ci demande officiellement la prolongation du programme ( mémorandum).  A ce sujet Kazakis écrivait (19-2):

Suite à l’ultimatum du président de l’eurogroupe exigeant que la Grèce sollicite la prolongation du programme (mémorandum) M. Tsipras a annoncé que le gouvernement grec allait soumettre officiellement sa demande

Premier point : de quel droit le gouvernement de Tsipras demande la prolongation de la convention de dette. Ce qu’elle avait promis avant les élections c’était la négociation et non pas la prolongation de la convention

Deuxième point : est-ce que monsieur Tsipras a oublié qu’il s’agit d’une convention à caractère colonialiste pesant lourd sur la Grèce ( renonciation à l’immunité sur les biens, abolition de la souveraineté nationale, introduction du droit britannique etc)

Troisième point : est-ce qu’il a oublié que cette convention ne même pas légale par rapport à ce que prévoit la Constitution grecque

 

Commentant les résultats de l Eurogroupe du 20-2 et le fameux accord entre la Grèce et ses créanciers, D Kazakis écrivait

« Le gouvernement grec a complètement cédé aux exigences des créanciers acceptant aussi le programme de sauvetage accompagnant la prolongation de 4 mois de la convention de dette. Dans les prochains jours, il doit présenter ses propositions pour le nouveau programme de réformes (autrement dit le nouveau mémorandum)

Voici les principaux axes des reformes qui ont été décidées. 1combattre l évasion et la fraude fiscale en chassant petits et moyens revenus et ceux qui ont accumulé des dettes au fisc

2 combattre la corruption en continuant à chasser de pauvres diables au nom de la loi et de l’ordre

3 restructuration de l administration conformément à la boite à outils de privatisations de l’OCDE

4Mise en valeur plus étendue de la propriété publique ; autrement dit on continue à brader

5 large reseau de repas gratuits pour des êtres humains anéantis par les réformes subventionné par l’Europe. Quel bonheur pour les entrepreneurs de la misère et pour les parasites des fonds européens »
Au sujet du passage du signe de la  « Troika » à celui des Institutions, DKazakis écrivait :

« Le terme «  institutions » est un nouveau terme qui vient remplacer celui de « Troika » On ne parle plus de Troika mais d’institutions . Et voici quelles sont les « institutions » : la Commission, la BCE et la FMI Au fait, ça reste exactement le  même. Néanmoins ce changement  de terme  n’a pas été mis en place uniquement à des fins communicationnelles

Je vous rappelle la résolution du Parlement Européen du  13-3-14, basée sur le rapport du Comité de Politique Economique et Financière, qui évoque la question de la légalité de la Troika  eu égard au Droit primaire de la CE. Au  paragraphe 56 de la résolution il est même spécifiquement question de gouvernements grecs  et il est signalé  qu’ils peuvent à tout moment refuser les memorandums en prenant appui  au droit primaire de la CE

Ne serait-ce pas cet écueil que le gouvernement souhaite contourner en remplaçant la troika par les institutions ?

Au lieu de se baser sur cette résolution pour dénoncer comme illégale toute tentative d’imposition de la politique issue des mémorandums ; le gouvernement a  agit  en débloquant  la situation pour Berlin et Bruxelles qui s’étaient retrouvés coincés aussi bien sur le plan juridique que politique Le changement de nom –il ne faut pas oublier qu’il a été demandé par la Grèce –ôte à celle-ci l étayage juridique et politique que lui avait fourni le Parlement  Européen. »

 

Le gouvernement a pris des engagements envers les créanciers mais il a du mal à se justifier à l’intérieur du pays A ce sujet Kazakis écrivait (1-3)

« On a du mal à comprendre comment  le Gouvernement qui considère la dette comme non viable peut  « répéter » « l’engagement inéluctable de tous les gouvernements précédents  que la dette sera servie entièrement et à temps » ( voir déclaration de l eurogroup que Varoufakis a signé) Après avoir accepté cet engagement comment pourrait-t-il parler d’une restructuration voire même d’un « haircut » de la dette Et si il le faisait qui est-ce qui la prendrait au sérieux ? ….. Le  gouvernement est même allé plus loin acceptant une des garanties qui selon les créanciers rendent la dette grecque viable : les excédents primaires

On ne voit pas de différence par rapport à ce que les précédents avaient fait »

 

D Kazakis  au sujet de la directive 2014/59/EE 

« Protéger l’argent des contribuables : c’est avec ce titre trompeur que les média de propagande massive diffusent l’information que la directive européenne autorisant le bail il des banques, comme à Chypre va être incorporée au droit national

Cette directive (2014/59/EE) autorise les banques systémiques à avancer au « haircut » de leurs créanciers, déposants, détenteur d’obligations. Ceci suite à la décision de l’Union des Banques, en vigueur depuis le 1/1/15 et en ignorant complètement les instances nationales et gouvernementales du pays membre

On s’en doute bien que le « haircut » ou la radiation de la dette relève de l’inimaginable même lorsque c’est la protection de la vie de la majorité des citoyens qui est en jeu. Or , il parait que lorsque la protection des banques et surtout des banquiers est en jeu alors le haircut ou la radiation de leurs engagement devient évidente et indiscutable. »

 

A la fin du mini-eurogroupe un communiqué a été signé par le 8 participants au sujet de la Grèce. Commentent ce communiqué D Kazakis écrivait : 

Quelles conclusions peut-on en tirer?

1 Les créanciers insistent à ce que un projet complet de «  reformes » soit soumis et qu’il soit basé sur l’accord du 20 février

2 Ils reconnaissent à la Grèce la « propriété des reformes » c’est-à-dire c’est la Grèce qui propose les mesures mais les créanciers ont le droit de les accepter ou de les refuser.

3 Il est réaffirmé que les « employés des institutions » c’est-à-dire la troika, pourront effectuer des « missions de recherche de données à Athènes » comme c’était le cas dans le passé

4 L’eurogroup ne prend d engagement de verser de l argent qu’à condition que les mesure proposées par les grecs soient jugées satisfaisantes

5 Le terme de négociation est absent aussi bien des textes que des déclarations des européens Pour l’Eurogroup il n’y a pas de négociations en cours, mais une simple discussion résultant de l’accord du 20 février

6 L accord du 20 février qui semble être si critique pour la Grèce n’a pourtant pas été soumise au Parlement ne serait-ce que pour une approbation formelle »

 

Sortie de l’euro et média :

« La position qui soutient la radiation unilatérale de la dette et la sortie de l’euro, n’a jamais (depuis le temps de Kastelorizo)  été bannie des medias à ce point là comme c’est le cas  aujourd’hui. A cette période où le pays et le peuple subissent un flagrant chantage de la part des créanciers , et notamment de la BCE, faire taire la moindre voix de contestation devient une question de vie ou de mort pour le régime. Le soi-disant dialogue doit se limiter entre ceux  qui prônent la continuation de la même situation et ceux qui pensent qu avec des ruses ou en misant sur des impressions stylistiques d’une prétendue négociation on peut s’en sortir »

 

Le gouvernement devait soumettre ses propositions de reformes à l’Eurogroupe du 9 mars.  A ce sujet Kazakis écrivait :

« Voici les propositions avec lesquelles le Gouvernement se présente à l’Eurogroupe aspirant à passer les examens d’adaptation aux mémorandums.

1. Création d’une instance non institutionnelle (indépendante), celle du Conseil des Finances Publiques, qui ne sera soumis à aucun contrôle, parlementaire, juridique ou autre….. Sa mission principale sera de veiller aux règles budgetaires arbitrairement définies et dictées par les directives du Comité Européen afin d’éviter la moindre déviation.

M Varoufakis et le gouvernement de Tsipras propose la création du Conseil des Finances Publiques en application de la loi dérivée du mémorandum 4270/2014 qu’ avait votée l alliance gouvernementale de Samara-Venizelou sans tout de même qu’elle ait osé de l’appliquer par crainte d’être amenée à payer cher en termes de mécontentement public

A noter que Syriza n’avait pas voté cette loi soutenant que le rôle du parlement serait compromis par le Conseil des Finances.

2. Création de tout une armée de mouchards qui se faisant passer pour des « clients » repèreront des infractions liées à la TVA par de boutiques ou de professionnels Selon le e-mail de Varoufakis la mentalité d’évitement des impôts a des racines profondes dans la société grecque » et de ce fait le seul problème qui préoccuperait le gouvernement serait comment combattre cette mentalité ; Evidemment il est nullement question du caractère invasif, prêtant à la confiscation, injuste, destructeur du système d’imposition. Et du coup il s’agit nullement de problème de capacité contributive objective. Celui qui ne paye pas il est à priori coupable de fraude ou d évitement fiscal

La transformation du citoyen de la porte d’à côté à un mouchard convaincu fait même rêver m. Varoufakis. Voici ce qu’il écrit dans son e mail ; Nous songeons à ce que les nouveaux recrus proviennent de toutes les couches sociales ( étudiants,femme au foyer, voire même des touristes à des endroits où la fraude fiscale est très répandue ; ils seront payés à l’heure et les suspects ne pourront pas les déceler aisement.

Alors ce qui fait rêver ce gouvernement qui en plus se veut de gauche c’est de ramener l’ensemble de la société grecque à un régime de mouchardisme massif au nom de la fiscalité ………… »

 

Au sujet de l’OCDE

«  Une convention de plus à caractère colonialiste a été signée par Tsipras avec l’OCDE, portant le nom  « document commun de coopération » Selon ce « document » -qui ,appelé ainsi , epargne le gouvernement du devoir de soumettre la convention au parlement- une nouvelle task force a été organisée par l’OCDE, et comme A Gouria nous dit elle arrivera en Grèce en tant que « conseiller technique » pour imposer les « reformes structurelles » nécessitées

Une fois de plus les vecteurs d’une force étrangère n’ayant aucune légitimation  vont se voir pourvu d’un rôle de surveillant en Grèce en tant que de prétendus « conseillers techniques » . Et ceci sans que le parlement sache de quelle reforme structurelle il s’agit.  Et évidemment sans qu’on lui ait permis de décider s’il a besoin ou non de se faire assister par les « technocrates apatrides et irresponsables » -comme appelait De Gaulle en 1965 la bureaucratie de Bruxelles- de l’OCDE ».

D’ailleurs, les rapports de l’OCDE ont été l’argument principal des gouvernements précédents à chaque fois qu’ils laminaient les droits au travail et à l’assurance sociale, qu’ils bradaient les biens publics, qu’ils rajoutaient des impôts accablants sur le dos des plus faibles en épargnant les riches, qu’ils moyennaient la dégradation de la santé et de de l’éducation publique ; qu’ils privatisaient l administration publique. Pourquoi le gouvernement de Tsipras ferait-t-il autrement ?

Depuis la fin des années 80 et jusqu’en 2009 c’était l’OCDE qui dans ses rapports faisait l’éloge et encourageait les politiques ayant amené la Grèce à cet endettement effrayant……Même pas le moindre avertissement, -ne serait-ce que pour sauver les apparences- pour la banqueroute qui approchait.

 

Au sujet des caisses d assurances qui se retrouvent à nouveau visées par les choix gouvernementaux  D Kazakis ecrivait

Un nouvel amendement est soumis à l’Assemblée Nationale qui permettra au gouvernement, en accord avec la Banque de Grèce et sans même prévenir les Conseils Dirigeants des Caisses d’Assurance ou des Personnes Morales du Droit Public, d’utiliser l’ensemble –oui j’ai bien dit l’ensemble- de leurs fonds disponibles pour payer la dette ou d’autres charges. Sans même que les payements réguliers ou nécessaires à leur fonctionnement soient garantis

Qu’est-ce qui va alors se passer si les caisses d’assurance ne peuvent plus payer de retraites ? ou si les hopitaux ne peuvent verser leurs frais de fonctionnement puisque l’ensemble de leurs fonds  a été bloqué par le gouvernement? Rien.Rien du tout n’est prévu. Au contraire, ils auront l’occasion de privatiser complètement les Caisses d’Assurance ou les autres PMDP qui auront fait faillite ;..on s’en doute du prétexte : puisqu’ils n’auront plus de fonds que les particuliers viennent  pour les assainir

 

Au sujet du projet de loi sur la « crise humanitaire »  D Kazakis  (16-3) écrivait

«  …..le grand exploit du projet de loi en question est qu’il réduit à l’état de mendiant, de quémandeur de la pitié de l’Etat tous ceux qui ont besoin de protection sociale, qui doivent être soutenus sur le plan matériel et des revenus ………..

Dans tous les cas le nombre et l’identité des bénéficiaires relève du gouvernement ; Il s’agit de la pure charité de l’Etat dont il revient exclusivement au gouvernement de fixer les critères de choix ; De cette manière, aucun droit, aucune revendication légale ne peut être établi pour les ménages et les individus vivant dans de conditions d’extrême pauvreté.

Ce projet de loi abolit formellement l’article 25 de la Constitution (principe de l’état social de justice) Cet article déclare le devoir de l’Etat d’assurer la protection des principaux droits pour les citoyens et de garantir le non empêchement de leur exercice nous fait reculer à la providence rudimentaire ou à la providence de l’Etat

Le terme d’Etat providence (Wohlfahrstaat) apparait pour la première fois au 19ème siècle en Allemagne comme une variante de l’Etat de police (Polizeistaat) ; En fait il s’agit de la surveillance policière via la providence rudimentaire (Armenpflege) C’est-à-dire l’aumône de l’état en contrepartie de la soumission au pouvoir. Il s agit de la perception sociale d’un totalitarisme capitaliste qui voit dans l’indigence un aspect inévitable et inéluctable de la politique économique et par conséquent il souhaite juste traiter ses conséquences les plus extrêmes de sorte que la répression des plus démunis se prolonge

….. .

Il ne reconnaît pas au travailleur d’inaliénables fondamentaux droits sociaux à la santé, le travail, la famille, l’éducation, le logement l’assurance sociale que l’état garantit et protège.

Il a fallu deux siècles de luttes sanglantes de la classe ouvrière pour qu’elle s’affranchisse de la providence rudimentaire et qu’elle impose l état social de droit.

Aujourd’hui la gauche s’est assimilée à tel point qu’il ne lui coûte rien de ramener la société entière à l’époque de la providence rudimentaire, de l’aumône de l’Etat, ne reconnaissant aux plus démunis que le droit à la marginalisation sociale et à la quémande. Il ne lui coûte rien de rendre service au totalitarisme capitaliste des marchés, principalement sous sa forme d’ « intégration européenne » qui, tout comme le fascisme et le nazisme de jadis, n’accepte même pas la notion de droit social établi. »

 

Au sujet de la vente aux enchères par les banques des résidences primaires des endettés qui n’ont pas les moyens de rembourser leur dette, D Kazakis écrivait (17-3)

« L’opinion publique pense qu’il n’y a pas de vente de résidences primaires aux enchères, puisque les ministres et les journalistes chouchous du pouvoir le lui affirment. Or, la vérité est tragiquement autre. Tous les mercredis, de centaines de résidences primaires et autres biens immobiliers sont vendus aux enchères par les banques et les Centre des impôts. On assiste à une hausse massive sans précédent des ventes aux enchères. C’est que le gouvernement a omis de renouveler la protection de la résidence primaire alors qu’ il aurait pu le faire dès le premier jour par un simple décret ministériel

La nouvelle loi qui se prépare cherche à introduire à notre pays le mode de faire de l’Irlande et de l’Espagne en matière dettes non servies C’est-à-dire elle enlève tout entrave libérant complètement les ventes aux enchères et adoptant des procédures très rapides de sorte que les banques puissent s’approprier les biens des citoyens dans des délais de quelques mois. Aucune protection n’est prévue. Ni pour la résidence primaire, ni pour la salaire ou autre revenu indispensable à la survie »

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Dimitris Kazakis est un économiste, analyste et le secrétaire général du mouvement de résistance démocratique EPAM

Articles Dimitris Kazakis (faites défiler la page pour trouver l’outil de traduction au bas à droite)

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About athenianvoice

Kosmas Loumakis - Sociological consultant, analyst, field operative and tactical field coordinator of national and regional social projects in Sweden. Was contracted for almost two decades by governmental bodies and NGO's, in governmental gang crime and extremism preventive efforts. Have produced a number of socio pedagogic action plans and developed methods, field tactics and strategies for gang crime and extremism preventive projects.

Posted on April 30, 2015, in Hot and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink. Leave a comment.

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